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Gaston Lagaffe

Date de sortie 4 avril 2018 (1h 24min)
De Pierre-François Martin-Laval
Avec Théo Fernandez, Pierre-François Martin-Laval, Arnaud Ducret...
Genre Comédie
Nationalité Français

Pour inaugurer ce blog, je vais m'attaquer à un monument de la BD Française récemment réadapté au cinéma: Gaston Lagaffe.

 

Alors que sa version de 1981 rendait une comédie potache de l’esprit « Bronzés » mais sans les Bronzés, cette version plus contemporaine n’est pas qu’un film.

C’est un témoignage.

Une dénonciation de la société actuelle, une société qui fabrique tout et n’importe quoi, dont la tendance ahurissante à la consommation inutile a fait naître une entreprise, le Petit Coin, dont le travail est de recycler des moufles sans pouce en housse de smartphone. « Rendre utile l’inutile », quoi.

Une accusation du monde du travail impitoyable, où tout le monde est jeune et beau – même Gaston, alors que selon les membres du Collectif du NANAR (Non aux Adaptations Nulles, Absurdes et Ridicules), Gaston est censé être un quadra pataud et pas doué – et où la recherche de profit conduit à des actions dépassant la ligne cramoisie de l’illégalité mafieuse.

Notre pauvre Gaston, trop souvent tiré de sa sieste réparatrice, se voit forcé de travailler sans relâche, jusqu’au burn-out, pour améliorer le quotidien de ses infortunés collègues face à un patron hystérique qui hurle sans raison sur ses subordonnés…

On y retrouve aussi l’abus flagrant des entreprises accueillant des stagiaires. La misère et la précarité, pourtant visibles comme le nez de Gaston au milieu de 100 figures, symbolisées par des espadrilles trouées, un pull trop petit, une tenue unique quelle que soit la saison et l’obligation de recourir aux carburants alternatifs pour pouvoir conduire, le tout face à l’indifférence constante d’un patron trop ambitieux pour être humain, trop attiré par l’appât du nombre à 7 chiffres brandi par De Maesmeker pour percevoir la détresse de ses propres collaborateurs…

Ce film se veut comédie, mais c’est là un véritable travail documentaire digne des reportages de Capital, Dossiers Tabou et Cash Investigations réunies.

 

Hormis la qualité et le réalisme de cette confession inédite, Gaston 2018, c’est le mélange entre l’ambiance « cartoon » d’une BD culte et le contexte contemporain de la start-up dynamique. L’ensemble est cohérent, les personnages fidèles au modèle d’origine, les gags sympas et bon enfant. Pour les gamins, le film est très bon, pour les adultes il manque le pep’s d’un Chabat pour que ce soit carrément chouette.

Bon, perso, j’y suis allée en attendant rien de spécial de ce film, après avoir enduré 12 fois la bande-annonce franchement pourrie dans laquelle Prunelle hurle à s’en péter les cordes vocales (ou les tympans des spectateurs, au choix) pendant 1 minute 30. Et parce que c’était une avant-première, alors permettre aux gamins de voir en vrai des acteurs de film, c’est un pas de plus vers la cinéphilisation. Je vous passe l’expression intriguée de mon aîné quand Théo Fernandez et Alison Wheeler ont débarqué et qu’il m’a dit « mais il ressemble à Gaston le gars, là ».

L’avantage de ne rien attendre d’un film c’est que d’une on ne peut être que surpris en bien, de deux on est forcément objectif ensuite. Même quand la fille de Franquin elle-même démembre le film et est allègrement suivie par le public.

Moi, j’ai bien aimé. Enfin, j’ai aimé l’adaptation de la BD dans l’univers Star-Up, certains gags étaient drôles, les personnages sympas et fidèles à l’œuvre originale. Maintenant, c’est là que le bât blesse, c’est trop fidèle au modèle pour être crédible. C’est plus une suite de gags qu’une histoire complète… un peu comme toutes les adaptations de supports du même genre.

Et Prunelle crie beaucoup, quand même. Je me demande si ce n’est pas pour ça que PEF était absent à l’avant-première, il devait être en train de soigner ses cordes vocales…

En bref...

Ma note

En bref, un film cohérent, des personnages sympas, des gags drôles, une comédie familiale réussie dans l’ensemble…

Mais trop de fidélité tue la fidélité. Ça manque cruellement d’originalité, de pep’s, d’un style personnel et de gags sur-mesure. Copier-coller une BD à l’écran, c’est drôle mais… c’est tout.

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